Son but : descendre le Rhône à la rame en un temps record
Un passionné rallie Genève aux Saintes-Maries-de-la-Mer et espère faire mieux que son temps précédent : soit 5 jours, 11 heures et 42 minutes.
A l’heure où Genève s’éveille, Vincent Séris est déjà sur le pont. Ou plutôt sur le quai du Seujet. C'est en effet de là qu'il a débuté son périple hier à l’aube. Cuisses d'athlète et moral de champion, à 39 ans, ce gendarme de profession aime se lancer des défis. Cette-fois, il s'agit de rallier Genève aux Saintes-Maries-de-la-Mer en canoë-kayak.
« Je pars seul en autonomie pour tenter de battre le temps de référence que j'ai établi en septembre dernier. L'idée est donc d'essayer de descendre le Rhône en moins de 5 jours 11 heures et 42 minutes », explique-t-il tout sourire.
569 kilomètres
Pour parcourir les 569 kilomètres en si peu de temps, il rame de 6 h à 21h30-22 h. Ne s'arrêtant que quelques heures pour dormir sous la tente au bord du fleuve. Seul hic : « Cela restera un temps de référence. Pour que ce soit un record officiel, il aurait fallu l'homologuer mais cela coûte trop cher. »
Contrairement aux apparences, Vincent Séris a commencé le kayak il y a seulement cinq ans. « J'ai créé une section raid kayak il y a trois ans au sein du club de gendarmerie ». Ce Lillois d'origine exerce son métier dans la région lyonnaise.
C'est donc de la capitale des Gaules qu'est parti le premier raid du genre. « En 2002 nous étions six à rejoindre Port-Saint-Louis, se souvient ce passionné. On s'est alors aperçu que le Rhône était une vaste poubelle. Cela nous a choqués. Les activités industrielles entraînent une forte dégradation de l’environnement. A tel point que deux d'entre nous ont fait des réactions cutanées ».
C'est donc aussi pour pousser un cri d'alerte écologique que Vincent Séris a entrepris ce périple. « D'autant que la situation empire. Concernant les poissons par exemple, seuls quelques espèces résistent encore à cette pollution », insiste-t-il.
Un message qu'il ne manquera pas de relayer auprès des médias. Ces derniers, tout comme ces collègues gendarmes, lui préparent en effet un comité d'accueil lors de son passage à Lyon.
En attendant la clameur de la foule, c'est dans le silence et le quasi-anonymat qu'a eu lieu le départ. Enfilant sa combinaison et vérifiant son matériel, le souriant gaillard est déjà dans sa bulle. A ses côtés, sa femme, inquiète, le couvre de messages de soutien. Après un dernier baiser, le kayakiste se lance. Le jour se lève, éclairant sa trajectoire. Il est 6 h 08.
Extrait : Tribune de Genève, Marie PRIEUR - Juin 2009



